Réponse d’un mandaté URPS à l invitation au Codamups 22 du 3 Octobre

Bonjour Madame,

Merci pour cette invitation.
Je ne pourrais m’y rendre pour une raison qui me semble importante : je travaille actuellement sur une mobilisation qui doit se tenir le 4 octobre devant la CPAM de St Brieuc à 13H15, et qui est en lien direct avec l offre de soin dans nos territoires.
Ce jour là, un confrère du cabinet ou je travaille est convoqué par la CPAM des Côtes d Armor pour déviation statistique de ses prescription par rapport à une moyenne départementale.
L’idée étant qu ‘il prescrit trop ou pas assez bien, ou que du moins ses pratiques sont statistiquement condamnables.
Nous n’ignorons pas que ces pratiques ont permis à la CPAM 22 de passer dans le classement de la CNAMTS de la 50 ième à la 3 ième place, mais il nous semble urgent de poser la question des répercussions humaines.
Si il est indéniable que l’usage des statistiques lorsque elle a été mise en place a permis de découvrir des situations aberrantes, les confrères convoqués actuellement et menacés de mesures de type MSO (mise sous objectif) ou MSAP ( accord préalable) semblent simplement être des médecins qui travaillent beaucoup et sont donc de gros prescripteurs.
Je souhaite attirer l ‘ attention de M. Le Préfet et des membres du CODAMUPS sur une problématique importante : il ne me semble pas souhaitable de déstabiliser actuellement l offre de soin ambulatoire restante, qui s’étiole à vue d ‘oeil dans certains territoires, et la convocation d ‘un médecin de Ploeuc sur lié en Octobre, ou d’un médecin du groupe de la tour d Armor à St Brieuc (un des derniers a accepter de nouveaux patients à St Brieuc) , ou encore d’un médecin de notre groupe médical, sachant qu ‘il y a actuellement environ 3000 patients en déshérence sur notre commune (départ des Dr Tanguy et Dolé sans successeurs)  envoie un message contre productif à ces médecins : au delà de l insécurité générée et de la façon dont ces entretiens sont menés, de leurs répercussions psychologiques éventuelles, il ne nous semble pas utile d ‘aggraver une situation qui semble déjà bien précaire, et ne va que s’aggraver, avant au plus tôt 2025.
Aucun des médecins avec qui j’ai pu m’entretenir ne rejette le principe d’une responsabilité et d’un dialogue avec la CPAM , mais la forme actuelle de ce dialogue ne peut perdurer sans répercussions très dommageables pour l’offre de soin.
Bien cordialement.
Dr Yvon Le Flohic
Médecin Généraliste
Mandaté URPS Bretagne au CODAMUPS22

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